accueil-public-adapteAfin d’aider et d’accompagner les organisateurs d’accueils collectifs dans leur démarche d’intégration, un guide de sensibilisation à l’accueil des enfants et des jeunes mineurs handicapés, élaboré par des associations nationales organisatrices de séjours et le ministère chargé de la jeunesse, a été édité.

Il permet de repérer les actions à mettre en œuvre avant et pendant le séjour. Il présente dans la première partie, un chapitre à l’usage des formateurs, des futurs animateurs et des directeurs ; dans la seconde partie un chapitre destiné à l’usage du directeur du séjour et de son équipe avec des recommandations pour l’accueil d’enfants atteints de troubles de la santé ou de handicaps en accueil collectif de mineurs.

Lorsque vous accueillez un enfant porteur de handicap sur votre séjour, gardez à l’esprit que chaque situation est particulière. Aussi est-il important d’écouter les parents, de noter soigneusement les consignes qu’ils donnent à l’équipe pour la vie quotidienne de leur enfant, de se faire expliquer les raisons de ces consignes pour en mesurer l’importance.

Conseils pratiques pour une meilleure intégration

L’enfant handicapé moteur

Un handicap moteur – ou déficience motrice – recouvre l’ensemble des troubles (troubles de la dextérité, paralysie, etc.) pouvant entraîner une atteinte partielle ou totale de la motricité, notamment des membres supérieurs et/ou inférieurs (difficultés pour se déplacer, conserver ou changer une position, prendre et manipuler, effectuer certains gestes). Les causes peuvent être très variées : maladie acquise ou génétique, malformation congénitale, traumatisme dû à un accident, etc.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

L’enfant peut éprouver des difficultés pour se déplacer. Il utilise alors :

  • Des cannes ou un cadre de marche. Il peut être appareillé d’une prothèse qui l’aide à se maintenir debout.
  • Une poussette qui demande l’aide d’un tiers pour les déplacements.
  • Un fauteuil roulant manuel qui lui permet de se déplacer seul ou qu’il faut pousser.
  • Un fauteuil roulant électrique qu’il manœuvre sans aide extérieure.

De fait, pour faciliter l’autonomie de ses déplacements, il est souhaitable que les locaux soient commodes d’accès (absence de marches, d’escalier, seuils de portes mis à niveau, passages suffisamment larges…).

L’enfant peut être plus lent que les autres enfants dans tous les gestes de la vie quotidienne (manger, s’habiller, aller aux toilettes, etc.). Il peut avoir besoin d’une aide extérieure pour les actes de la vie quotidienne. Enfin, il peut se fatiguer plus vite que les autres enfants.

Lorsqu’un enfant est en fauteuil électrique, il faut :

  • Penser à charger la batterie tous les jours (le soir) car, sans fauteuil, l’enfant est privé d’autonomie, de déplacement.
  • Mettre le fauteuil en charge dans un endroit où il ne sera pas débranché par inadvertance.
  • Vérifier que toutes les prises sont bien branchées aussi bien pour la mise en charge le soir que pour le fonctionnement du fauteuil dans le journée.
  • Vérifier le niveau d’eau de la batterie régulièrement : si le niveau est trop bas, ajouter de l’eau distillée.

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Soyez attentifs aux mouvements qui peuvent être rendus difficiles – voire impossibles – par le handicap de l’enfant. Vous pouvez lui proposer votre aide mais n’hésitez pas à l’encourager pour qu’il fasse seul.

Le déplacement du fauteuil ne doit pas être un automatisme, l’enfant sait généralement où il veut et/ou doit aller : l’écouter, c’est préserver son autonomie. Avant chaque mouvement, prévenez l’enfant et sollicitez son point de vue. Au cours d’un trajet, soyez à son écoute, il saura vous dire comment aborder tel ou tel obstacle (marche, trottoir…).

Il se peut que l’enfant doivent porter des appareils (prothèses pour la nuit, coque pour tenir dans son fauteuil…) En général, leur installation n’est pas compliquée, mais il est nécessaire d’en parler avec l’enfant et sa famille pour en saisir la mise en place.

Lorsqu’il est dans son fauteuil, l’enfant a besoin d’aborder l’environnement à sa hauteur. Pensez donc à vous baisser pour l’écouter ou lui parler, lui présenter les objets à portée du regard ou des mains, etc.

L’enfant peut fréquemment souffrir d’escarres, aussi faut-il être très vigilant, examiner la peau aux points de contact et de frottement, masser et changer les points d’appui.

Enfin, l’enfant doit manger régulièrement des légumes et des fruits, boire abondamment pour éviter une constipation fréquente chez les personnes en fauteuil.

En ce qui concerne l’animation :

Vous pouvez organiser toutes sortes de jeux, pourvu que l’enfant en situation de handicap ne se sente pas en échec. Laissez libre cours à votre imagination pour adapter les activités de manière à ce que l’enfant puisse jouer avec et comme les autres.

Parfois, il s’agit simplement de le laisser faire en étant attentif. Pensez à mettre en place des jeux coopératifs, qui permettent de jouer ensemble sans discriminations. Pour autant, ne perdez pas de vue l’intérêt des enfants valides.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

L’enfant handicapé moteur a parfaitement conscience de son handicap et comprend bien les questions et remarques des autres enfants. Soyez donc attentif à ses réactions et demandez-lui s’il souhaite présenter son handicap ou s’il préfère que vous vous en chargiez.

Les enfants valides vont parfois vouloir jouer avec son fauteuil. Rappelez-leur qu’il ne s’agit pas d’un jouet. À la demande de l’enfant en situation de handicap, un de ses camarades peut éventuellement manipuler son fauteuil, toujours sous la surveillance d’un adulte.

Lorsque vous organisez des jeux, soyez vigilant à la composition des équipes, afin que l’enfant en situation de handicap ne soit pas stigmatisé comme étant « le plus nul », « le plus lent », « le bébé » ou « celui qui va nous faire perdre ».

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

Toute l’équipe doit être vigilante à la sécurité de l’enfant (notamment lors de ses déplacements) et chacun devra le prévenir avant de manipuler son fauteuil.

L’enfant déficient intellectuel

La déficience intellectuelle est caractérisée par une insuffisance des facultés et du niveau global d’intelligence, notamment au niveau des fonctions cognitives, du langage, de la motricité et des performances sociales. Ce type de déficience entraine un ralentissement des acquisitions, des apprentissages et affecte les capacités d’analyse de l’enfant.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

L’enfant peut éprouver des difficultés à comprendre les consignes qui lui sont données. Il a globalement un niveau de compréhension inférieur à celui des enfants de son âge : différents centres d’intérêts, pas le même genre de conversations, décalage dans l’humour, difficultés à hiérarchiser les évènements, à faire des choix, etc.

L’enfant se repère difficilement, que ce soit dans l’espace ou dans le temps et ses facultés de mémorisation sont amoindries. Du fait de ses difficultés de compréhension et de repérage, l’enfant peut être ralenti dans ses actions et ses échanges verbaux.

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Lorsque vous détaillez une consigne, utilisez des phrases simples et assurez-vous que l’enfant les ait bien comprises. Lorsque vous communiquez une information au groupe dans son ensemble, n’oubliez pas de la répéter individuellement à l’enfant déficient.

Lorsqu’un changement de lieu ou d’activité intervient, prévenez l’enfant. Expliquez lui ce qu’il va faire et pourquoi, afin qu’il puisse se projeter / se repérer. Gardez toujours à l’esprit qu’un enfant déficient n’a pas forcément conscience du danger qui l’entoure, soyez d’autant plus vigilant.

Stimulez régulièrement l’enfant afin qu’il effectue lui-même les actes de la vie quotidienne. Même si cela peut être plus long, il vaut mieux montrer à l’enfant ce qu’il doit faire et comment le faire, plutôt que de le faire à sa place et ainsi brider son autonomie.

Dans la situation où l’enfant a le choix entre plusieurs alternatives, il est important que vous expliquiez de manière individuelle et simplifiée, les choix qui se présentent à lui et ce qu’ils impliquent. Si l’enfant ne parvient pas à prendre de décision, vous pourriez être amené à choisir à sa place, en fonction de ce qui vous paraît le plus cohérent.

En ce qui concerne l’animation :

Privilégiez les chants et les jeux où l’enfant déficient ne sera pas le seul en difficulté. Les jeux avec une grande part de chance permettent de limiter le recours à la réflexion et donc de ne pas mettre en difficulté l’enfant.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

Afin d’anticiper les moqueries dont sont souvent victimes les enfants déficients, il est important que vous expliquiez au reste du groupe la nature du handicap de l’enfant et comment se comporter avec lui.

Lorsque vous vous adressez au groupe dans son ensemble, restez attentif aux réactions de l’enfant en situation de handicap. Incitez-le autant que possible à participer aux discussions.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

Toute l’équipe doit être vigilante à la sécurité de l’enfant (notamment pendant les sorties) et préserver son intégrité physique et morale.

L’enfant trisomique

La trisomie 21 est une anomalie chromosomique qui se manifeste dès la naissance par un visage caractéristique puis un trouble du développement intellectuel et psychomoteur. C’est la principale cause de déficience intellectuelle et la principale source de malformation cardiaque.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

Bien qu’ils se comportent tous de façon différente, les enfants porteurs de Trisomie 21 ont certaines caractéristiques communes. Notamment, ils éprouvent des difficultés particulières à assimiler des informations verbales nouvelles car :

  • Ils prennent plus de temps à réagir aux signaux qu’on leur donne (temps de latence plus important).
  •  Ils ont une meilleure compréhension des informations communiquées par le canal visuel que par le canal verbal.
  • Ils accèdent plus difficilement aux souvenirs associés à des informations présentées auditivement.
  • Ils sont dotés d’un système de « filtrage » moins efficace (filtrage des renseignements sans importance pour ne retenir que les renseignements importants).

Confrontés à des situations d’incompréhension, se sentant dépassés, ces enfants peuvent avoir alors tendance à se retirer de l’activité ou à se comporter de façon mal adaptée en s’opposant, en dérangeant les autres, etc.

L’enfant trisomique éprouve en plus une hyper sensibilité affective, tant dans le positif que dans le négatif. Le regard de l’adulte compte beaucoup pour les enfants trisomiques, ils ont souvent envie de faire plaisir. Le séjour se déroulera d’autant mieux si l’adulte encourage l’enfant.

Sources : http://www.integrascol.fr/

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Donnez des repères dans le temps à l’enfant, par la verbalisation des activités (par exemple : « vous pouvez jouer encore avec les cartes puis on ira manger »). Chaque changement doit être systématiquement annoncé à l’avance.

Avant de communiquer une consigne, pensez à établir un contact visuel et personnalisé avec l’enfant. De manière générale, il est important que vous simplifiez, répétez et divisez les consignes en plusieurs composantes.

Comme beaucoup d’enfants trisomiques possèdent des capacités d’identification visuelle satisfaisantes, vous pouvez profiter de ce point d’appui pour compenser certaines faiblesses à intégrer des informations en utilisant des supports visuels comme des illustrations, des gestes, des symboles, des images, des mots écrits.

Dès le début du séjour, il est important que vous posiez le cadre. Assurez-vous que l’enfant saisisse toutes les règles, notamment celles concernant la distance physique et affective à respecter.

D’une manière générale, tâchez de renforcer les comportements positifs en soulignant précisément ce qui a été réussi par l’enfant (exemple : « tu as mis ton manteau, bravo ! ») et non en se contentant d’énoncer des jugements trop généraux du type « c’est bien » ou « je suis content de toi ». Si l’enfant trisomique commet une erreur, pensez à la dédramatiser.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

L’enfant trisomique est souvent généreux et gentil avec les autres. Il est important de s’assurer que les autres n’en profitent pas.  Il n’est pas souhaitable non plus que l’enfant trisomique devienne la « mascotte » de la colo !

Afin d’anticiper les moqueries dont sont souvent victimes les enfants trisomiques, il est important que vous expliquiez au reste du groupe la nature du handicap de l’enfant et comment se comporter avec lui.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

Pour faciliter l’adaptation de l’enfant à son environnement, l’équipe devra notamment lui soumettre des choix. Ainsi, il aura davantage de contrôle sur son environnement et comprendra qu’il peut accéder librement à ce qu’on lui demande au lieu d’être contraint de le faire.

L’enfant autiste

L’autisme, ou trouble du spectre autistique, est une maladie qui se caractérise par un développement anormal de l’enfant, principalement au niveau social, relationnel, et communicationnel. La maladie existe à différents degrés, avec des formes qui permettent une expression verbale et une vie plus ou moins indépendante, et des troubles bien plus profonds avec des comportements très stéréotypés.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

L’enfant autiste éprouve des difficultés à entrer en communication, ou à développer un mode de communication qui nous soit accessible. Il n’a pas toujours accès au décodage des émotions (les siennes ou celles des autres).

L’enfant autiste peine également à comprendre notre fonctionnement et notre logique, il a la sienne, que nous peinons à comprendre. Nos règles lui sont parfois impossibles à admettre, il faut donc l’accompagner dans leur assimilation. Ces difficultés d’adaptation à notre monde sont souvent sources d’angoisses.

Il est souvent très sensible au bruit et à l’accumulation d’informations (sonores, visuelles…), il peut alors se boucher les oreilles, s’isoler… Il est également sensible au détail (il voit chaque pièce d’un objet plutôt que l’objet dans son ensemble)

Pour se rassurer, l’enfant autiste met souvent en place une organisation très ritualisée de sa vie quotidienne (avec beaucoup d’habitudes). Il peut aussi avoir des mouvements rythmés et répétitifs que l’on appelle stéréotypies (balancements, bruitages, tapotements…).

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Les autistes (sauf exception), sont des « penseurs visuels ». Ils sont plus à l’aise avec les images qu’avec les mots. Les mots représentent pour eux une « seconde langue ». Il convient donc d’utiliser le plus possible ces supports visuels.

L’enfant autiste a des difficultés à comprendre les consignes données au groupe, il ne sait pas toujours qu’elles s’adressent aussi à lui. Il convient donc de s’adresser personnellement à lui. Mais attention, car il a des difficultés à « filtrer » les informations qui lui sont destinées. Lorsque l’on s’adresse à lui alors qu’à coté, d’autres personnes parlent, qu’il y a du bruit ou de la musique, il est parasité, déconcentré et a du mal à « faire le tri ». Il peut ainsi ne pas comprendre ce qu’on lui dit, surtout s’il n’est pas ou peu verbal.

Veillez à ce que l’enfant regarde ce qu’on lui propose car il peut présenter des difficultés de coordination oculo-manuelle. Son regard n’accompagne pas toujours son geste. Pour l’aider, on peut lui dire : « regarde » avant de lui montrer ou de lui faire faire quelque chose, et s’assurer qu’il a bien regardé.

Dans le contexte de la vie en collectivité, il est important que vous trouviez un équilibre entre les rituels de l’enfant et les nouvelles pratiques auxquelles il est confronté : il ne faut pas que l’enfant souffre de trop de changements, mais il ne doit pas non plus se mettre à l’écart à cause de ses habitudes.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

Afin d’anticiper les moqueries dont sont souvent victimes les enfants autistes ou la peur que leurs comportements suscitent, il est important que vous expliquiez au reste du groupe la nature du handicap de l’enfant et comment se comporter avec lui.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

L’enfant autiste peut parfois manifester des troubles du comportement (cris, larmes de détresse, violence…) en présence des autres enfants. Dans ce cas précis, l’équipe doit continuer d’animer le groupe pendant qu’une personne s’isole avec l’enfant autiste.  Il est parfois nécessaire d’expliquer brièvement la situation.

L’enfant atteint de troubles du comportement

Les troubles du comportement sont des anomalies dans la façon d’agir et de réagir. Ils comprennent l’agitation, l’agressivité, l’inhibition, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), les phobies, les désordres alimentaires (anorexie, boulimie…), l’hyperactivité, etc.

Presque tous les enfants s’engagent au moins une fois dans ces comportements, mais c’est la prévalence et la gravité de ces actions qui mènent à un diagnostic clinique d’un trouble du comportement.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

Les enfants hyperactifs moteur courent, grimpent, s’agitent, ne parviennent pas à rester assis et ne savent pas jouer en silence. Ils prennent souvent des risques inconsidérés.

Les enfants impulsifs ne savent pas attendre leur tour, ils se précipitent pour répondre, interrompent souvent les conversations, passent sans cesse d’une activité à l’autre. Ils ne savent pas s’organiser, ni respecter des consignes.

Les enfants en déficit d’attention ont des difficultés à se concentrer, perdent leurs objets de travail et ne terminent pas ce qu’ils entreprennent. Ils sont facilement distraits et paraissent ne pas écouter.

Les enfants atteints de troubles du comportement se retrouvent souvent dans une position de bouc-émissaire. Leur violence perturbe gravement leur socialisation. Pourtant, ils ne sont pas moins intelligent que les autres enfants.

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Soyez particulièrement vigilant quant à l’état de fatigue de l’enfant concerné par les troubles du comportement. Plus la fatigue et l’irritabilité s’installent, plus il est probable qu’une crise se produise.

Lorsqu’une crise se produit, isolez-vous avec l’enfant afin que le groupe n’en subisse pas les effets. Tentez de raisonner l’enfant par des paroles rassurantes et discutez avec lui des causes qui l’ont conduit à se mettre en colère.

Afin d’anticiper ces colères, vous devrez rapidement fixer un cadre à l’enfant et comprendre et maîtriser les facteurs déclencheurs.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

Afin d’éviter qu’un sentiment d’injustice s’instaure, il est important que vous expliquiez au reste du groupe pourquoi vous prenez telle ou telle décision envers l’enfant concerné par les troubles du comportement.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

Face à un enfant agité et imprévisible, il est primordial que l’équipe redouble de vigilance quant à la sécurité de l’enfant.

L’enfant sourd

Dû à des causes multiples, le handicap auditif ne se voit pas et est souvent sous-estimé. Les enfants porteurs d’un handicap auditif ont des difficultés quant à la communication et à l’acquisition d’informations. Souvent, ces enfants développent leur propre stratégie pour communiquer.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

L’enfant porteur d’un handicap auditif peut a priori tout faire sans risques particuliers et possède toutes les capacités intellectuelles et physiques d’un enfant du même âge.

Il peut être isolé car il est privé des informations sonores : sons, bruits, paroles. Il ne peut pas percevoir un bruit de danger (véhicule arrivant), ou un signal sonore d’alarme. Il appréhende le monde principalement par la vue.

En raison de ses difficultés d’appropriation du français oral et écrit, il a également du mal à comprendre.

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Pensez à parler à l’enfant de face (ne lui tournez pas le dos !), assurez-vous qu’il vous regarde. Certains enfants savent lire sur les lèvres, dans ce cas, il est important que vous articuliez correctement et sans exagérer. Pensez qu’un chewing-gum, une moustache ou une barbe peuvent gêner leur lecture.

Donnez des consignes simples : phrases courtes, mots simples. Accompagnez vos paroles de gestes simples et d’expressions du visage. N’hésitez pas à utiliser des documents visuels (photos, images, dessins), ils faciliteront la communication.

Afin que l’enfant porteur d’un handicap auditif puisse s’intégrer et vivre pleinement son séjour, il est important que vous vous assuriez régulièrement qu’il ait bien compris le programme / la consigne. Restez attentif aux caprices ou colères qui peuvent être l’expression d’une incompréhension de la part de l’enfant.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

Soyez attentifs lorsqu’en groupe; les prises de parole fusent sans que l’enfant porteur d’un handicap auditif puisse identifier les nouveaux locuteurs. Il risque de perdre le fil de la conversation et finir par s’ennuyer. Il faut donc préparer l’enfant.

Si l’enfant présent sur votre séjour comprend la langue des signes, il peut être intéressant de sensibiliser les autres à la spécificité de cette langue.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

Face à un enfant qui ne perçoit pas le danger venant de l’arrière, il est primordial que l’équipe redouble de vigilance quant à la sécurité de l’enfant.

L’enfant mal voyant

Être mal voyant, c’est avoir une acuité visuelle entre 4/10e et 1/10e, ou avoir un champ visuel inférieur à 20°. Être aveugle, c’est avoir une acuité visuelle inférieure à 1/10e ou un champ visuel inférieur à 10°. Il existe plusieurs formes de mal-voyance : une atteinte de la vision centrale, une atteinte de la vision périphérique ou une vision floue.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

Selon le type de déficience, l’enfant malvoyant perçoit différemment le monde qui l’entoure. Certains sont gênés pour voir de près, ne peuvent ni lire ni écrire, mais peuvent se déplacer et percevoir l’espace, les formes et mouvements. D’autres disposent d’un champ visuel si réduit qu’ils ne peuvent lire que de petits caractères, ont besoin d’une grande quantité de lumière et sont très gênés pour se déplacer. D’autres encore disposent d’une vision floue, qui ne leur permet de percevoir que les formes, masses, ombres et lumières. Les contrastes, couleurs, distances et reliefs ne sont pas bien appréciés.

L’enfant peut compenser son handicap visuel en maîtrisant mieux ses autres sens. Ainsi, il peut être plus sensible au bruit, et ressentir ce qui se passe de manière différente. Il en découle une plus grande inquiétude dans de nombreux domaines (peur du vent, inquiet lorsqu’il y a beaucoup de bruit…).

Malgré ces différences, on peut noter que tous ont besoin de se concentrer pour s’adapter à chaque situation, et sont donc plus vite fatigués. Ils sont souvent inquiets, notamment dans un environnement qu’ils ne connaissent pas bien, et ils doivent faire confiance aux autres pour se déplacer sans danger, ainsi que pour avoir accès au monde qui les entoure.

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Pour se sentir bien et pouvoir se déplacer aisément dans un nouvel espace, l’enfant aveugle ou mal-voyant doit s’approprier le lieu et se construire des repères. Lorsqu’il arrive dans un lieu inconnu, il faut donc que vous l’aidiez à se repérer pour qu’il puisse ensuite se déplacer seul. Vous devez gagner sa confiance afin qu’il se sente à l’aise et en sécurité en votre présence.

D’une manière générale, vous devez absolument éviter de tirer ou de pousser l’enfant dans la direction où vous souhaitez qu’il aille. Au contraire, guidez-le en lui tendant votre bras. il s’accrochera juste au-dessus de votre coude, afin d’être légèrement décalé en arrière et pouvoir anticiper les obstacles. (un trottoir à monter ou à descendre…). Bien sûr, cela ne vous empêche pas de le prévenir des difficultés qui se présentent lors de son trajet. Pensez que se déplacer seul pour un enfant aveugle ou un malvoyant requiert beaucoup de concentration et cela peut être une cause de fatigue intense

L’enfant peut peiner à reconnaitre ceux qui s’adressent à lui, pensez donc à vous identifier avant d’entamer une conversation. Lorsque vous quittez une pièce, prévenez-l’enfant afin d’éviter qu’il vous croit encore présent. Enfin, vous devez systématiquement le prévenir avant de le toucher, afin qu’il ne soit pas surpris.

Pendant les repas, décrivez à l’enfant le contenu de son assiette et la disposition des aliments : ainsi il pourra choisir ce qu’il mange.

Si vous voulez donner un objet à l’enfant, mettez-le lui dans la main plutôt que de le poser à proximité, cela lui évitera de le chercher, de le faire tomber… Et puis, ne le voyant pas, au bout d’un moment, il risque d’en oublier l’existence.

En ce qui concerne l’animation :

Ayez toujours à l’esprit qu’il y a de nombreuses choses que vous pensez infaisables par un aveugle ou un malvoyant et qui pourtant le sont. À l’inverse, certaines que vous pensez faisables, ne le sont pas sauf avec le concours d’autrui.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

Pensez à sensibiliser le groupe à l’inquiétude et au danger que peuvent représenter les bousculades, les cris et le vacarme pour l’enfant aveugle ou malvoyant. Expliquez leur en quoi il est important qu’ils s’identifient auprès de l’enfant et qu’il est normal qu’ils ne soient pas toujours reconnus par l’enfant.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

L’équipe doit continuellement décrire ce qui se passe à l’enfant et anticiper les bousculades.

L’enfant ayant des allergies alimentaires

Une allergie alimentaire est une réaction d’hypersensibilité immédiate, provoquée par l’ingestion d’une substance alimentaire, qui peut aussi être un additif alimentaire. L’allergie peut survenir après un contact prolongé avec l’élément allergène ou immédiatement suite à la deuxième ingestion. Il se peut donc que l’enfant soit allergique depuis toujours à un aliment, ou qu’il ait déclenché cette allergie tardivement.

Comment cet handicap se traduit-il chez l’enfant ?

L’allergie alimentaire peut se manifester de diverses façons, notamment à travers :

  • Une poussée d’eczéma, qui peut survenir immédiatement après l’ingestion, ou parfois de 6 à 24h plus tard. L’eczéma se manifeste souvent sous la forme de plaques rouges, qui démangent.
  • Une poussée d’urticaire, qui à l’aspect de boutons, ressemblant aux piqures d’ortie.
  • Une crise d’asthme, qui est un rétrécissement des bronches provoquant des difficultés respiratoires. Ces crises sont souvent liées à d’autres manifestations (eczéma, l’urticaire…)
  • Un œdème de Quincke, qui entraine le gonflement du visage, des lèvres ou d’une autre partie du corps. Cet œdème peut survenir au niveau du larynx, provoquant une voix étouffée, une difficulté à avaler et une gêne pour respirer.
  • Des symptômes digestifs comme les vomissements, les diarrhées ou les douleurs abdominales.
  • Une rhinite ou une rhino-conjonctivite, qui consiste en un écoulement nasal et une démangeaison au niveau des yeux.

Quel est mon rôle vis à vis de l’enfant ?

Consultez le protocole d’intervention en cas de crise. Lors des sorties, pensez à emporter la trousse d’urgence et la fiche sanitaire de l’enfant.

Il est important que vous connaissiez les aliments allergènes pour l’enfant et les produits dans lesquels on peut les retrouver. À chaque repas – goûter y compris – vérifiez avec le cuisinier l’étiquetage de chaque aliment. Tâchez de proposer une alternative équivalente à l’enfant, pour que la différence de repas passe la plus inaperçue possible.

Parfois, un contact physique avec l’allergène peut déclencher l’allergie : vous devez donc vous assurer que l’enfant n’y touche pas, et que tous ceux qui y touchent se lavent bien les mains.

Quel est mon rôle vis à vis du groupe ?

Il est important que les autres enfants sachent qu’ils ne peuvent pas partager leurs bonbons ou gâteaux avec l’enfant allergique sans qu’un adulte ne s’assure auparavant de l’absence de l’allergène.

Les enfants peuvent être jaloux de ne pas avoir un plat spécial lorsqu’ils n’aiment pas ce qui est au menu… Votre rôle est de souligner que l’allergie n’est pas une chance, qu’elle est contraignante et potentiellement dangereuse.

Quel est le rôle de l’équipe vis à vis de l’enfant ?

Face à un enfant allergique, il est primordial que l’équipe sache quel est l’aliment allergène et comment réagir en cas de crise.