Autorité, limites et sanctionsIl n’y a de liberté que lorsqu’un cadre et des règles sont établis. Dès lors, l’enfant sait ce qu’il peut faire ou non. Non seulement les règles – les limites à poser aux désirs de l’enfant – sont nécessaires à son développement, mais elles constituent pour lui des repères indispensables.

L’enfant doit apprendre que si des règles existent, ce n’est pas uniquement pour brimer et entraver sa liberté, mais pour lui permettre de mieux vivre en collectivité.

L’énoncé clair et tranquille de règles sécurise l’enfant. Comme si les limites lui offraient un obstacle auquel il s’affronte mais sur lequel il peut en même temps s’appuyer. L’absence de limites constitue une absence d’appui qui empêche l’enfant de grandir et d’intérioriser les règles, quelles qu’elles soient. Un enfant comprend tout, si vous posez un interdit, sachez lui expliquer ses raisons.

L’autorité de l’animateur

L’autorité n’est pas proportionnelle à la taille, au poids ni à la puissance des cordes vocales, heureusement ! D’ailleurs, un « animateur qui hurle » s’il est craint, ne sera pas forcément respecté, et une relation basée sur la méfiance et la crainte, engendrera malentendus, blocages et provocations. Inversement, on n’attend pas de l’animateur qu’il soit un copain pour les enfants.

Le statut d’animateur – bien qu’il vous confère un pouvoir – ne vous suffira pas pour être respecté ou obéi. L’autorité s’acquière. Les enfants vous l’accorderont comme une forme de reconnaissance de vos capacités et compétences.

Ainsi, manquer de préparation lors d’une activité, ne pas répondre clairement aux questions de l’enfant, ne pas savoir dire non lorsqu’il le faut, ne pas être en mesure d’expliquer sa décision, ou se retrancher derrière une « autorité supérieure » (le directeur) sont autant d’occasions de voir son autorité s’effriter. L’enfant, et surtout l’adolescent, teste votre autorité et vos limites en entraînant des confrontations souvent difficiles à vivre mais indispensables à son développement.

Affirmer votre autorité de façon responsable, c’est avant tout respecter vous-même les règles que vous leur imposez. Trop insister ou se fâcher pour se faire obéir ébranle votre autorité. De telles attitudes révèlent d’ailleurs plus un manque d’autorité. Il est primordial de céder sur ce qui n’est pas important, de négocier autour de ce qui compte temporairement.

Vous devez penser à faire évoluer les règles tout en restant ferme sur ce qui ne peut être remis en question. Évitez également de punir un jour ce que vous autorisez le lendemain. L’incohérence entraîne la confusion chez l’enfant et augmente ses attitudes d’opposition.

Les attitudes à privilégier

Les attitudes à privilégier

  • Négocier, proposer, suggérer
  • Respect et confiance de l’enfant
  • Savoir prendre position
  • Expliquer ses décisions
  • Ne pas toujours se référer à quelqu’un d’autre (supérieur hiérarchique par exemple)
  • Savoir s’adapter
  • Être juste (prendre une décision par rapport à des choses définies, égales pour tous les enfants et partagées par le reste de l’équipe)
  • Importance de définir un cadre, des règles, etc.
  • Cohérence générale de l’équipe d’animation envers les enfants
  • Importance d’expliquer en début de séjour qui je suis, pourquoi je suis là, qu’est-ce que je vais faire, etc.

Les attitudes à proscrire

Les attitudes à proscrire

  • Abus de pouvoir
  • Chantage
  • Démagogie
  • Laxisme (refus de responsabilité, ne jamais se positionner, etc.)
  • Punition humiliante (corporelle, psychologique, etc.)
  • Manipulation
  • Séduction (vouloir à tout prix être le gentil animateur).
  • Menacer d’une sanction et ne jamais passer à l’acte
  • Crier tout le temps
  • Privations (nourriture, etc.)
  • Corvées

Sanctionner sans punir

Avant d’envisager de sanctionner un enfant pour une transgression, assurez-vous d’avoir posé au préalable des règles claires et compréhensibles par tous. La sanction intervient dès lors qu’une personne a transgressé une ou plusieurs règles.

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La sanction revêt avant tout un rôle éducatif, elle s’adresse à un seul individu, à un instant T, en fonction de son âge et du degré de gravité de ses actes. Elle porte sur des actes précis (et non pas sur des faits subjectifs). La sanction entraîne la privation de l’exercice d’un droit et est subie par le fautif. Elle peut s’accompagner de réparations. Elle vise un objectif réel – c’est à dire l’assimilation de la règle, de la loi – et doit être accompagnée d’une relation de suivi visant à déterminer si le comportement a évolué.

Les attitudes à privilégier

Les attitudes à privilégier

Objectifs de la sanction éducative

  • Réconcilier le fautif avec lui-même. La sanction doit être juste, expliquée et proportionnelle à la faute.
  • Pas de parallèle systématique entre la faute et la sanction
  • Réduire la culpabilité et faire savoir, au coupable, qu’il n’y aura pas d’autres représailles
  • Faire prendre conscience de ses actes. L’enfant et l’adolescent doivent apprendre la transgression de la loi

Les attitudes à proscrire

Les attitudes à proscrire

  • Menacer d’une sanction et ne pas la donner
  • Menacer d’une sanction impossible à réaliser ou à maintenir
  • Affronter le groupe dans son intégralité : il se ligue contre vous et vous surpasse, vous dépasse.
  • Sanctionner physiquement (frapper, secouer, faire mal, privation sommeil et nourriture)
  • Sanctionner moralement (brimer, insulter, humilier, crier, rejeter, chantage, déception, distinction, chouchou, souffre-douleur, surnoms, blagues ironiques)

Notre sélection d’incontournables :

Sanctionner sans punir : Dire les règles pour vivre ensemble.

Ce livre fourmille de pistes concrètes pour sanctionner sans punir, trouver des alternatives à l’exclusion, aux gifles, aux punitions collectives, colles, mises au coin, privation de dessert ou de sortie… Il s’agit de chercher des réponses qui véhiculent le plus fidèlement possible le sens porté par la règle commune et qui, en même temps, manifestent à l’enfant, au jeune le respect scrupuleux de sa personne et du citoyen qu’il est en train de devenir. [En savoir plus]

À quoi sert l’autorité ? : S’affirmer, respecter, coopérer.

Parents, éducateurs et animateurs sont parfois démunis face aux comportements des enfants et adolescents d’aujourd’hui. Pourtant, entre l’autoritarisme – qui mène à la soumission et à la révolte – et la permissivité – qui mène au laxisme et à la perte de repères – il existe une troisième voie éducative, une autorité qui développe chez l’enfant et l’adolescent la connaissance de lui-même, le respect d’autrui et l’aptitude à coopérer. [En savoir plus]